Ouragan Maria : Porto Rico battue par des vents de 250 km/h

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Alors que le bilan provisoire est de deux morts et de deux personnes disparues en Guadeloupe, l’ouragan Maria poursuit sa trajectoire au-dessus des îles des Caraïbes déjà frappées par Irma.

Après avoir frappé la Guadeloupe française et ravagé la Dominique, les Iles Vierges américaines et plusieurs territoires dans les Caraïbes sont balayés depuis mardi soir par les vents violents et les trombes d’eau déversées par l’ouragan Maria. Après être passé sur les Vierges britanniques, l’ouragan à nouveau en catégorie 5 (catégorie maximale) est arrivé mercredi matin au-dessus de l’île de Porto Rico, battue par des vents de 250 kilomètres/heure. L’oeil a touché terre près de Yabucoa, dans le sud-est de l’île, vers 6H15 locales (12h15 heure française), a indiqué le Centre national des ouragans (NHC) américain.

 

Désolation en Guadeloupe et à la Dominique. En Guadeloupe, deux personnes ont été tuées, selon un dernier bilan communiqué mardi soir par les autorités. Deux autres sont portées disparues dans le naufrage d’un bateau, a annoncé la préfecture. «Peu de dégâts» ont été notés «sur le bâti», mais «40 % des foyers sont privés d »électricité», selon la même source.

Maria fait 2 morts et 2 disparus en Guadeloupe

Plus violemment frappée, le territoire indépendant de la Dominique a «perdu tout ce qui pouvait être perdu», a déclaré le Premier ministre Roosevelt Skerrit sur Facebook. Les vents «ont emporté les toits de presque toutes les personnes auxquelles j’ai parlé ou avec qui j’ai été en contact». Seule une poignée d’habitants ont réussi à faire passer le message par radio, décrivant le chaos qui règne sur l’île où vivent quelque 72.000 personnes, avec des arbres à terre et des toits de maison soufflés. Mais aucune victime n’a été recensée.

L’ouragan Maria fait des ravages à La Dominique

L’île française de La Martinique a été moins touchée, même si 70.000 personnes ont été privées d’électricité, soit un tiers de la population.

 

Premiers dégâts sur les Iles Vierges. Sur l’île St John, encore sonnée par le passage d’Irma il y a moins de deux semaines, l’ouragan de catégorie maximale et ses vents soufflant jusqu’à 270 km/h a fait plier les arbres et engendré des dégâts matériels, sans qu’aucune victime ne soit officiellement à déplorer à ce stade.

 

Un couvre-feu a été instauré sur les Iles Vierges britanniques, voisines. «Bien que Maria ne soit pas aussi puissant qu’Irma, notre situation est aussi très différente (car) nos îles sont actuellement extrêmement vulnérables», a justifié le Premier ministre de ce territoire britannique d’outre-mer, Orlando Smith, dans un communiqué. «Les conséquences, comme de possibles inondations et des vents violents qui peuvent transformer les débris en projectiles dangereux, peuvent être plus graves et plus traîtres», a-t-il ajouté. Plus de 1.300 militaires britanniques ont été déployés dans les Caraïbes depuis le passage d’Irma, qui a fait 9 morts dans les Iles Vierges britanniques.

 

Les habitants de Porto Rico se préparent au pire. A Porto Rico, les quelque 3,5 millions d’habitants se sont rués mardi dans les magasins pour acheter des produits de première nécessité et ont protégé de leur mieux leurs maisons et commerces.

Quelque 500 abris pouvant accueillir près de 67.000 personnes ont été ouverts pour faire face à un ouragan qui «pourrait être le pire du (dernier) siècle à Porto Rico», selon Ricardo Rossello Nevares, le gouverneur de ce territoire américain où 50.000 foyers sont toujours privés d’électricité depuis le passage d’Irma. «Je ne nie pas avoir peur, je suis inquiète parce que c’est la première fois que je vais voir un ouragan d’une telle intensité», a témoigné Noemi Aviles Rivera, une enseignante de 47 ans.

 

Alerte violette à Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Maria devait également passer à proximité des îles indépendantes de Saint Kitts and Nevis et de Montserrat (Royaume-Uni), ainsi qu’à 150 km au sud des îles française de Saint-Barthélemy et franco-néerlandaise de Saint-Martin. Les autorités françaises y ont décrété l’alerte violette, entraînant le confinement de la population, en raison de «la fragilité de l’habitat» et des «débris qui restent».

 

La ministre des Outre-mer Annick Girardin,arrivée mardi soir en Guadeloupe, s’est voulue rassurante mercredi matin. «Je viens juste d’avoir un échange avec la préfète de Saint-Martin…le cyclone passe à peu près à 100-150 km (des côtes)», a-t-elle expliqué sur Franceinfo. Elle a précisé que l’île endurait «des vents forts, de la pluie, mais à ce stade rien d’alarmant, même si on sait que c’est un territoire fragilisé, donc je reste prudente».

 

A Marigot, chef-lieu de la partie française de Saint-Martin, les habitants ne semblaient pas savoir qu’un nouvel ouragan arrivait. «Beaucoup de pluie pendant environ 24 heures, et des vents d’une centaine de kilomètres à l’heure. Ce ne sera pas aussi fort qu’Irma mais il faut s’abriter», expliquait à un groupe de cinq jeunes Daniel Gibbs, président de la collectivité.

 

Quinze personnes sont mortes à Saint-Martin lors du passage d’Irma. Des scènes de pillage dans les jours qui ont suivi ont ulcéré la population et mis sous pression les gouvernements français et néerlandais, accusés d’inaction. Sur la partie néerlandaise de Saint-Martin, un responsable militaire interrogé par Radio Laser a indiqué que la distribution d’eau et de vivres était suspendue jusqu’à jeudi et que 8 abris étaient ouverts.

L’ouragan Maria a frappé les Antilles

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